Une Suisse unie...

La Suisse, comme on le sait tous, est divisée en trois régions linguistiques. Sachant que nous faisons tous partie du même pays, il est très ennuyeux que nous ne nous comprenions pas lorsqu’on a la chance de pouvoir se rencontrer.

Avec la crise de l’Europe qui nous entoure, il est peut-être temps d’amorcer un rapprochement entre les régions pour créer une cohésion nationale entre tous les Suisses. Que les Tessinois arrêtent d’être considérés comme des paresseux car ils vivent au soleil, que les Romands ne soient plus des « Russes » ou des sous-francophones et que les Alémaniques ne soient plus des « bourbines ».

En effet, c’est peut-être là un problème de notre pays, on ne cherche pas à être copain avec nos voisins intérieurs… La barrière de röstis n’est pas qu’un symbole, elle fait peur aux suisses ! Mais au cours de cette période de franc fort, alors qu’il est moins rentable d’exporter, il serait plus simple de se tourner vers un marché intérieur que d’essayer de continuer à vendre dans les mêmes régions pour une simple histoire de langage…

Ce qui est étrange, c’est que personne n’essaye de faire l’effort de comprendre l’autre. On a tous au minimum entre sept et onze années d’apprentissage d’une autre langue nationale, mais lorsqu’il arrive qu’un romand et un alémanique se rencontrent, il se trouve qu’ils en viennent souvent à parler anglais !

Il y a de quoi paniquer tout de même…

Un atout pour les entreprises :

Actuellement, on voit apparaître des forums et d’autres axes de réseautage pour les PME suisses afin qu’elles aient une plateforme de discussion avec les autres régions linguistiques. Malheureusement, bien peu nombreuses sont celles qui ont déjà franchi le pas et sauté la barrière de Röstis ! Viser le marché intérieur peut avoir aussi de nombreux avantages pour des entreprises, surtout en termes de coûts de transports, d’emballage et de normes, qui malgré tout, restent identiques à l’intérieur du pays qu’on parle français, italien ou allemand…

Et pour les particuliers…

Hormis l’envie de sa tailler une petite part du Röstigraben, le particulier ne se sent pas forcément concerné par l’autre, celui qui habite de l’autre côté de la Sarine…

Le problème, c’est que beaucoup ont l’impression de ne plus avoir aucun lien avec ceux qui ne parlent pas la même langue. Les votations fédérales renforcent souvent cette absence de lien car on voit une nette différence sur la carte de la Suisse entre les résultats des cantons romands, tessinois et alémaniques. Mais si on commençait à se mélanger, à se côtoyer et à se parler, tous, on échangerait des idées et, qui sait, peut-être aussi l’issue de certains votes…

Aujourd’hui on parle aussi d’avoir une Suisse sans armée. Au-delà du sens guerrier, inutile, ou encore perte de temps, que certains prônent, l’abolition d’une armée nationale peut avoir un gros impact sur la cohésion nationale et je ne pense pas que ceux qui sont pour une abolition de l’armée de milice aient pris cela en compte. En moyenne, un citoyen suisse fait 300 jours sous les drapeaux. Mais les ordres de marche des romands ne s’arrêtent pas après Fribourg… Bien souvent les militaires partent dans des régions qui pratiquent une autre langue. Et même parfois romands, alémaniques et tessinois se retrouvent ensemble, dans une même compagnie. Alors ne parlent-ils pas ? Si on passe ne serait-ce que 100 jours avec des concitoyens d’autres régions linguistique, l’apport pour chacun peut se révéler énorme !

On noue quand même des liens lors de l’armée, avec des personnes, qui, peut-importe la langue, essaient de se comprendre. Peut-être qu’elles essaient de se comprendre car elles n’ont pas le choix, mais je pense quand même que cela aide à la cohésion du pays et ce malgré tous les préjugés.

Pour conclure, mélangeons-nous, faisons l’effort… Si on attend tous que l’autre vienne, nous n’avancerons pas. Parler l’allemand devient aujourd’hui un atout pour un romand et une deuxième langue nationale est obligatoire pour la survie d’un tessinois.

On arrive bien à se faire comprendre dans des pays lointains avec des gens qui n’ont aucune notion de notre langue et dont nous ignorons la langue, alors ça doit être possible de se comprendre avec un zurichois, un bâlois ou même un lucernois…

Et pour les suisses-allemands, c’est la même chose…

Romain Wanner – Rédacteur en chef de Tribunes Romandes

Copyright © Tribunes Romandes - Tous droits réservés

Partager cet article

1000 caractères restants
Antispam Rafraîchir l'image

DOSSIER

Comment aborder un sujet aussi sensible que le suicide ?

Les experts de la prévention, les professionnels de la santé ou du social, tous s’accordent sur un point : il faut parler du suicide. Mais la thématique est délicate, et il faut la traiter avec prudence, sans banalisation ni stigmatisation. Du 1er au 12 novembre,...   A lire..

INTERVIEW

Entretien avec Didier Mourron, par Nicolas Emilien Rozeau

Si la définition de l’artiste pouvait se dessiner, alors sous les traits de Didier Mouron naîtrait Didier Mouron. Didier Mouron. Didier Mouron. Didier Mouron. Qui est Didier Mouron ? Un artiste, certe...   A lire..

EVASION

Contrées authentiques au Yunnan et dans le Nord du Vietnam

Tout au long de son histoire, la Chine a toujours été une superpuissance d’Asie. Et pas seulement question richesse et force: la diversité culturelle et géographique a toujours été unique et les Chinois ne vivent pas sur...   A lire..

EDITORIAL

Faut-il savoir cuisiner pour manger « équilibré » ?

C’est la grande mode du moment, parler de l’alimentation « saine ». On tente de bannir de nos assiettes la graisse, le sel, le sucre, mais pour les remplacer par quoi ? Je ne vais ...   A lire..

100% FEMME

La couleur des sentiments, roman de femmes extraordinaires

Alors que tout le monde se précipite dans les salles obscures pour découvrir le nouveau film de Tate Taylor, La couleur des sentiments (The Help en version originale), moi, je me bouche les oreilles et je plonge dans le roman qui l’a inspiré. Co...   A lire..

VOS DROITS

Je souhaite acquérir un appareil électroménager par internet. Comment puis-je être certain que ce site n'est pas un leurre?

Je souhaite acquérir un appareil électroménager par internet et je suis tombé sur un site qui me propose une réduction de 40%. Comment puis-je être certain que ce site n'est pas un leurre? Existe-t-il un organisme européen (ce site de vente n’est pas basé en suisse) que je peux contacter afin d'avoi...   A lire..

Santé et bien-être

Le choix du féminin

Les tendances des dernières fashion weeks parlent d’elles-mêmes. Sur la scène de la mode actuelle, le féminin brille sou...   A lire..

SPOTLIGHT

Comprendre et désamorcer la violence chez les jeunes

Violaine Martinella-Grau, appointée à 80% à la gendarmerie vaudoise, a fait de son expérience de terrain un riche terreau qu'elle cultive avec passion. Psychologue du travail, formatrice pour adultes et professeur vacata...   A lire..