La dépression, maladie génétique ou culturelle et environnementale ? Par Catia d'Amore

Lors d’un récent voyage en Indonésie, j’ai été frappée par l’apparente bonne santé physique et psychique de la population. Les questionnements propres aux voyageurs et la comparaison  perpétuelle « nous versus eux », m’ont accompagnée toute la durée du séjour.

Leur état de santé physique était indéniablement visible, l’huile de palme et le sucre de glucose leur étant pour l’instant épargnés. L’allure svelte des indonésiens n’est de loin pas leur seul atout,  un sourire radieux soutenu par un regard vif et pétillant complètent le sentiment général de « bonheur ».

Pourquoi ce peuple, est-il mû par tant de présence, de sérénité et de vie ?

Un groupe de psychologues de l’Université de Northwestern, proche de Chicago, ont étudié l’effet du groupe social sur la prédisposition à la dépression génétiquement héritée. Cette nouvelle science s’appelle la neuroscience culturelle, elle examine la santé mentale des groupes sociaux, des nations ou des individus.

De façon générale, on considère que la dépression, comme la plupart de nos maladies actuelles, est causée par un hasard malchanceux. Le traitement standard de la dépression repose sur la théorie que la dépression résulte d’un déséquilibre chimique dans le cerveau, que l’on considère en grande partie comme étant héréditaire.

Le principal composant génétique de la dépression récurrente concerne le gène transporteur de la sérotonine, qui apparaît sous deux formes distinctes : l’allèle court et l’allèle long. L’allèle court portant le déclencheur de la dépression.

Une des grandes distinctions entre les cultures est l’image qu’une personne a d’elle-même par rapport aux autres membres de sa société. En résumé, les Occidentaux se définissent par leur individualité,  les Orientaux par l’étendue de leur acceptation dans un groupe.

Lors de ces recheches, une découverte inattendue a surpris le monde scientifique. En Extrême-Orient, 80% de la population est porteur d’un allèle court extrêmement disproportionné. Selon la théorie actuelle, ces populations devraient souffrir d’épidémie de dépression, mais au lieu de cela, la prévalence de la maladie est nettement plus basse qu’en Europe de l’Ouest ou aux Etats-Unis.

Jusqu’à récemment, on considérait que le gêne était tout, unique responsable de notre bonne ou mauvaise santé, et selon Darwin, seul un accident pouvait modifier un gêne. Des découvertes étonnantes ont démontré que les gênes mutent non pas par accident, mais par un « processus génétique naturel ». On l’appelle désormais un processus dynamique et constant d’adaptation entre un organisme et son environnement.

Bien que les populations d’Extrême-Orient soient plus enclines que nous à la dépression, leurs cultures hautement collectives les protègent du déclenchement de la maladie. Comme ils s’attendent à recevoir un soutien lors de moments difficiles, ils sont pour ainsi dire blindés contre les stresseurs environnementaux.

Dans nos sociétés, nous sommes plus portés à choisir l’individualité à l’harmonie, à se définir différent du groupe. Moi-même, étant enfant, dans ma famille, je clamais haut et fort ma différence à qui voulait l’entendre. Pour être claire, tout au long de ma vie, j’ai choyé la particularité, l’individualité, en lieu et place du groupe.

Il n’est jamais trop tard pour remettre le travail sur l’établis. Peu de choses suffisent à créer des liens ou à renforcer ceux qui existent déjà. Un sourire, un bonjour entre voisins. Le fait est que rendre service fait du bien à la personne mais fait aussi se sentir bien.

Catia D’Amore, Consultante TRIBUNES ROMANDES et thérapeute agréée APTN & ASCA

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