Les bad boys font-ils toujours craquer les femmes ?

Bad boys, bad boys whatcha gonna do, whatcha gonna do when they come for you ? chantait en 1987 le groupe de reggae jamaïcain Inner Circle. En français, littéralement : Mauvais garçons, mauvais garçons qu'est ce que vous allez faire, qu'est ce que vous allez faire quand on vient pour vous ? Que ce soit dans les eighties ou précédemment, les rebelles, les mauvais mecs ont toujours eu la cote. Le bad boy est une figure presque aussi éternelle que les personnages d'Homère. Prenez Achille par exemple. On ne peut pas faire plus bad boy...

Les bad boys ont toujours fait fondre les femmes. Prenez un air un peu brutal, animal, elles adorent ça. Soyez au contraire le plus dévoué, gentil, poli, et vous aurez toutes les chances de vous prendre un vent. C'est clinique. Mais il est temps de reprendre à notre compte la fameuse phrase de Blondin, pour tenter de développer un peu à notre manière ce thème du bad boy (et ne pas désespérer des femmes): le monde se divise en deux catégories. Ceux qui tiennent en main un pistolet chargé, et ceux qui creusent.

Ainsi, le monde se divise désormais en deux catégories : ceux qui lisent Kierkegaard et ceux qui roulent des mécaniques. Conclusion abominable : relire Le Journal du séducteur cent dix mille fois ne mène nulle part. Celui qui roule des mécaniques a toujours un coup (sic) d'avance.Machiavélique le bad boy. A croire que l'intelligence, ça suinte de partout chez lui (et il sue beaucoup aussi). Il parvient à faire croire que derrière son caractère bestial se cache une énorme sensibilité. La preuve, en leur temps Errol Flynn et Rudolph Valentino faisaient craquer toutes les midinettes et leurs cuites sont restées légendaires, désavouant leur romantisme de façade.

Tant qu'il y a de la testostérone...

Ces mauvais garçons avaient une qualité remarquable, c'est faire ressortir, avec leur corps, leurs gestes, leur regard, une dualité entre force et faiblesse, entre sécheresse et générosité. Parce que c'est bien ça être un bad boy, jouer avec les apparences... Depuis, Marlon Brando est passé par là, incarnant le mâle qui grommelle dans L'équipée sauvage, sans oublier James Dean et sa figure d'adolescent en rupture dans Rebel without a cause.

Mais le profil ou la physiologie ne suffisent pas à définir le bad boy du 21ème siècle. Il faut quand même remarquer une chose, c'est que les femmes craquent désormais pour un bad boy opulent, donc qui a un peu d'oseille quand même. C'est ça aussi la version bad boy des années 2000, la version flambeur... Le rap américain est passé par là avec ses danseuses boudinées qui se déhanchent à coups de Drop it like it's hot. On dit aussi souvent que David Beckham est un bad boy. On le dit de Pete Doherty. Ou de Johnny Depp, et ça n'a finalement plus de sens. Le bad boy parle anglais et a beaucoup de cheveux. C'EST UNE CONSTRUCTION PSYCHIQUE TYPIQUEMENT ANGLO-SAXONNE.

Qu'ils roulent des mécaniques ou bien jouent aux fashion victims, qu'ils aient des cheveux ou non, les hommes restent des lâches en amour et des bêtes de sexe (revendiquées). Emancipées, les femmes mènent le jeu de la séduction mais il devient de plus en plus difficile de les captiver dans un monde qui a perdu ses illusions. Désillusionnées, il vous faudra, pour les séduire, mettre la main à la poche... plutôt que leur jeter de la poudre aux yeux. Parce qu'elles sont devenues diablement pragmatiques. Le monde est pragmatique. Le monde est une construction mentale pragmatique et diablement efficace. Eh bien ça tombe bien, le bad boy du 21ème siècle ne se bat plus pour un monde meilleur, comme dans On the Waterfront. Il se bat désormais pour lui. C'est un individualiste. Et la loi du plus fort veut que ce soit toujours le plus mauvais garçon qui l'emporte.

Faustin Rollinat – Rédacteur pour le magazine Tribunes Romandes

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