Humains de compagnie pour animaux?

S’il y a bien une chose à laquelle ne pensent pas les enfants lorsqu’ils demandent « Je veux un chien/chat/hamster/lapin/ragondin » c’est au prix que c’est touffe de poil va coûter aux parents…

Si un enfant coûte environ 40'000 CHF par année à ses parents, un animal tel qu’un chat (un peu moins cher quand même) ou un chien coûtera la même somme, mais répartie sur une quinzaine d’années. Ceci pour autant que l’on n’ait pas un animal avec une défaillance physique comme de l’asthme ou autre maladie qui nécessite un traitement quotidien.

Autant on peut nourrir un chien avec des restes de nourriture, autant un chat risque de ne pas apprécier… C’est un animal de classe, s’il vous plaît, il ne mangera que ce qu’il a envie de manger ! Et parfois, ça coûte très cher…

Prenons l’exemple des sachets de nourriture humide pour un chat ; l’avantage, c’est qu’on n’a pas besoin de réfléchir, on lui met un sachet ou une boîte deux à trois fois par jour suivant l’animal et sa faim. L’inconvénient ou plutôt les inconvénients, c’est tout d’abord que beaucoup de chats digèrent très mal ce type de nourriture par rapport aux croquettes, donc ils seront plus souvent amenés à vous vomir sur le tapis du salon sans prévenir… Mais, il y a aussi le facteur temporel : un sachet ouvert doit être consommé rapidement par l’animal sous peine de le voir bouder son écuelle pour cause de nourriture trop sèche. On peut donc tout jeter et recommencer !

La mode actuelle est d’adopter des reptiles. Un terrarium, du sable, un joli tronc ou autre objet qui pourrait amuser ledit reptile et c’est parti ! Mais non… Avoir un reptile, c’est bien plus complexe que cela, et si on veut éviter les clichés habituels de serpents, tortues et crocodiles retrouvés dans les égouts et les toilettes des voisins, il vaut mieux réfléchir à deux fois avant d’adopter un animal couvert d’écailles.

Aujourd’hui, vu que l’humain se renferme toujours plus sur lui, on voit que certaines personnes se recentrent directement sur un animal, comblant le vide d’une vie avec un animal qui a de l’affection parce qu’on est là et qu’on le nourrit, ce que ne font pas toujours les autres congénères de la race humaine, où du moins, pas uniquement pour une présence et de la nourriture (quoi que...).

On voit alors apparaître des cimetières pour animaux, des camps de vacances pour ceux-ci, des boutiques de mode, des cinémas, du personnel de maison qui leur est entièrement dévoué et des professions spirituelles qui s'adressent aux animaux !

A l’heure où l’Homme n'arrête toujours pas de tuer son prochain, on monte l’animal sur la même marche que lui dans la société « riche », car disons-le nous,  offrir des vacances à son toutou, ce n’est pas donné à tout le monde !

Est-on en train de dériver des sujets essentiels de l’humanité ? Nous sommes nous déjà égarés pour vouloir offrir une vie d’humain aux animaux qui, finalement, s’y accommodent sans réellement voir une ascension sociale ou, plus concrètement, s'en moquent?

Peut-être… Quoi qu’il en soit avoir un animal aujourd’hui, c’est un budget conséquent. Pour certains revenus, c’est une décision qui demande autant de réflexion que l’achat d’une nouvelle voiture, ou encore la création d’un bébé…

Alors sauvons les bambous, mangeons des pandas et remettons le chat au rang de dieu, il ne nous remerciera pas, mais ça, on le mérite peut-être...

Romain Wanner – Rédacteur en chef de Tribunes Romandes

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