2012, année d’élections

Il faut l’avouer, l’année 2012 est une année riche en élections. Non seulement au niveau international avec l’élection du président de la France et celui des USA, mais aussi au niveau national avec l’élection du gouvernement vaudois et enfin un siège du conseil d’état genevois.

A toutes ces échelles politiques, on retrouve à chaque fois plusieurs phases : campagnes, débats, votations et investiture. Néanmoins, on peut observer plusieurs différences… En effet, bien que ce soit une année « exécutive » en termes d’élections, on peut voir qu’il y a bien des changements entre les pays, les régions ou même les personnalités…

Aux USA, afin de ne pas rompre avec leurs pratiques « nationales » tout se fait façon Hollywood… Des clips de campagnes aux débats télévisés, tout est mis en scène afin que le présidentiable apparaisse un peu comme Terminator ou Rambo ; humain mais pas trop, intelligent mais pas trop, mais surtout, américain !

En France, les élections se passent différemment… Moins de shows et de caméras, on a plutôt une distorsion temporelle qui apparait dès le lancement de la campagne : les médias ne parlent plus que de cela et les candidats en jouent énormément, profitant de chaque opportunité pour apparaître devant une caméra… Un incident, un accident, une divergence politique ou simplement une envie de parler et c’est parti pour du discours mélodramatique à but électoral. Pas très loin des américains avec les meetings publics, la France montre ces rassemblements de militants dont on peut voir le nombre croître au fil de la campagne ; les premiers meetings sont pleins, mais dans de petites salles et à la fin, on remplit d’immenses hangars avec des gens pour soutenir un candidat.

Enfin, en Helvétie, on est déjà beaucoup plus dans la modération… La faute à notre système politique différent ? Pas sûr… Car même les élus du peuple, savent rester du peuple… On ne les voit pas entourés de journalistes, on ne les voit pas cachés derrière deux gardes du corps et finalement, il y a aussi beaucoup moins d’idolâtrie qu’ailleurs… Un politicien helvète n’est presque jamais amené à faire un bain de foule dans son pays. Peut-être s’il accède au Conseil Fédéral, mais sachant que ce n’est pas le peuple qui le choisit, on pourra se demander si celui-ci est content de savoir que c’est cette personne qui a été élue, car il partage ses idées ou si c’est simplement parce qu’il est du village et qu’il permet enfin qu’on soit fier de ce coin ?

Une autre chose a frappé mon esprit tordu, c’est la raison de la retenue du citoyen suisse… Pourquoi, n’avons-nous pas de « fans » de politiciens ici ? Peut-être pour les laisser travailler tranquillement, afin qu’ils ne soient pas euphoriques comme des collégiennes lorsqu’ils arrivent en séance pour traiter des forfaits fiscaux après un bain de foule où ils auraient reçu deux à trois petites culottes de « fannes »… A vérifier…

Mais il ne faut pas oublier non plus que les politiciens suisses ne font pas campagne pareil… Un site web, deux ou trois tracts, quelques affiches pour les bords de la route, un débat et c’est bon. Pas de meetings, pas de salles à réserver, pas de drapeaux à brandir ou de t-shirts à faire imprimer. Non, on sait rester simple, au pays du chocolat.

Contrairement, d’ailleurs aux autres échelons des autres états, d’ailleurs. Car il n’y a qu’en Suisse qu’un candidat « à la présidence » ne fera campagne que pour gagner la majorité des 246 personnes qui vont voter pour lui… Là, les moyens sont « adaptés » en fonction du nombre d’électeurs. Petit nombre : petit budget… A tout casser, deux ou trois apéros afin de convaincre les plus récalcitrants à coup de fendant, mais c’est tout…

Pas de campagne extravagante, pas de confettis, rien. On est en droit aussi de se demander pourquoi, ailleurs qu’en Suisse, on fait encore des élections si courtes ? Car des mandats de cinq ans, sachant que les premiers mois sont « tous mous » afin de lire les dossiers, de voir ce qui peut être fait et finalement de se dire « on va commencer à faire quelque chose » et que les derniers sont « campagnards » afin que le sortant essaie de garder son trône cinq ans de plus, on a des mandats « effectifs » qui ne sont pas si longs que ça…

Oui, évidemment, on peut faire campagne et traiter des dossiers en même temps, mais en est-on vraiment sûr ? A-t-on vu autre chose que des actions courtes ou des prises de décision « d’urgence » lors des campagnes ? Je ne crois pas, tout est axé sur la persuasion des électeurs, peut-être à tort… Un président qui se ferait réélire sans campagne, ce serait la classe mondiale, cela prouverait que ce n’est pas sa campagne qui a convaincu, mais sa façon de traiter les dossiers du pays.

Mais ça, on n’est pas près de le voir…

Finalement, on en revient à cette année épique que sera 2012. De gros changements en France, peut-être aussi prochainement aux Etats-Unis et même peut-être à Genève, le 17 juin prochain… De belles semaines en perspective !

Enfin, on peut se demander à quoi les mayas attribuaient la notion de « fin du monde », peut –être à un gros changement politique dans plusieurs pays ? Qui sait…

Romain Wanner- rédacteur en chef des Tribunes Romandes

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